Sur un plan de toiture, le toit est dessiné vu d'en haut. Sa vraie surface est plus grande : plus la pente est forte, plus l'écart grandit. Tout le métré de la toiture part de là. Une fois la vraie surface connue, le reste (bardeaux, sous-couche, membrane, faîtage) est une question de bonnes longueurs et de pertes. Voici la méthode, avec un exemple complet.

Ce qu'il faut avant de commencer

1. Le facteur de pente

La vraie surface d'un versant est sa surface en plan multipliée par un facteur qui dépend seulement de la pente :

PenteFacteur
4/121,054
5/121,083
6/121,118
8/121,202
10/121,302
12/121,414

Cette règle fonctionne pour un toit à deux versants comme pour un toit à quatre versants (en croupe), pourvu que tous les versants aient la même pente. Si les pentes diffèrent (ex. un appentis à 4/12 sur une maison à 8/12), mesurez chaque partie séparément avec sa pente.

2. Les bardeaux d'asphalte

Les bardeaux se vendent en paquets, et la surface se compte souvent en carrés (un carré = 100 pi²). Beaucoup de bardeaux se vendent à 3 paquets par carré ; certains modèles en demandent plus. Vérifiez sur l'emballage du produit choisi.

3. La sous-couche

La sous-couche (synthétique ou feutre) couvre toute la vraie surface :

Convertissez ensuite en rouleaux selon la couverture indiquée par le fabricant.

4. Les bords : larmier, bande de départ, membrane

Ces matériaux suivent les bords du toit.

Une variante courante : poser la membrane seulement le long des avant-toits (et dans les noues), et la bande de départ selon la méthode du fabricant. Dans ce cas, utilisez la longueur des avant-toits au lieu du périmètre complet. Les deux façons se défendent ; l'important est de suivre ce que vos plans et vos équipes font vraiment.

Autre détail : sur un toit à deux versants, la rive (le bord en pente) est plus longue que sa longueur en plan. Le facteur de pente s'applique aussi à cette longueur si vous voulez la longueur exacte.

5. Le faîtage

Les bardeaux de faîte se vendent en paquets qui couvrent un certain nombre de pieds linéaires, différent d'un produit à l'autre : divisez par la couverture indiquée sur l'emballage. Les arêtiers d'un toit en croupe se couvrent souvent du même produit ; ajoutez leur longueur au faîtage.

Exemple complet : un toit à deux versants

Hypothèses (des valeurs courantes, à remplacer par celles de vos plans) :

MatériauCalculRésultat
Vraie surface1 408 × 1,1181 574 pi² (15,74 carrés)
Sous-couche1 574 × 1,101 732 pi²
Bardeaux15,74 × 3 = 47,2, × 1,10 = 51,952 paquets
Larmier152 × 1,10167,2 pi lin.
Bande de départ152 × 1,10167,2 pi lin.
Membrane (tout le périmètre)152 × 3 = 456, × 1,10501,6 pi²
Bardeaux de faîte44 × 1,1048,4 pi lin.

Avec la variante « membrane aux avant-toits seulement » (2 × 44 = 88 pi) : 88 × 3 = 264, × 1,10 = 290,4 pi².

Et pour le pontage (contreplaqué ou OSB 4x8) du même toit : 1 574 ÷ 32 = 49,2, × 1,10 = 54,1, soit 55 feuilles.

À retenir :

Les erreurs fréquentes

Dans KOR

Dans KOR, on trace la surface du toit en plan et on choisit la pente dans une liste (2/12 à 18/12, ou une autre valeur) : le facteur de pente est appliqué automatiquement. Le gabarit de départ « Couverture en bardeaux » donne la sous-couche, les paquets de bardeaux, le larmier, la bande de départ, la membrane (périmètre × largeur) et les bardeaux de faîte à partir de la longueur du faîtage. Le gabarit « Pontage de toit » donne les feuilles de contreplaqué ou d'OSB avec la même pente. Toutes les règles sont modifiables, par exemple pour compter la membrane aux avant-toits seulement, et les quantités passent directement à l'estimation.

En résumé

  1. Mesurez la surface en plan avec les débords, et notez la pente x/12.
  2. Vraie surface = surface en plan × √(1 + (x ÷ 12)²).
  3. Bardeaux : vraie surface ÷ 100 × paquets par carré, + pertes, arrondi vers le haut.
  4. Larmier, bande de départ et membrane : selon les bords à couvrir, + pertes.
  5. Faîtage : longueur, + pertes, puis en paquets selon le produit.